Augmenter le budget de l’EN? Et si on commençait par revoir sa gestion?

A l’heure des négociations sur la refondation du métier, nous souhaitons (presque) tous pouvoir aboutir à une revalorisation de nos salaires, bien en deçà de ceux de nos voisins européens. La marge de manœuvre est très faible : il n’y a plus d’argent parait-il. Et si la solution était en fait ailleurs?  Tout le monde sait qu’il faut faire des économies au niveau des dépenses de l’état. Mais cela ne semble pas être le cas pour l’Education Nationale.

Vous vous souvenez que je vous avais déjà expliqué en septembre que j’avais été affectée sur un poste avec des heures supplémentaires (alors que je suis agrégée, donc je coûte cher), tandis qu’une collègue avait été affectée sur un poste en sous-service, sans perte de salaire. Premier exemple de mauvaise gestion du personnel. La DIPE ne semble pas s’inquiéter des dépenses qu’elle entraine à cause de son incompétence et de son manque total de logique.

Second exemple, malheureusement courant : alors que je suis à présent sans poste – à effectuer de petites suppléances à droite à gauche ou comme maintenant, à attendre que l’on m’appelle – un contractuel a été nommé sur un poste à temps plein dans un établissement à 10 min de chez moi, dans ma matière… Donc on me paie à rien faire, ou à faire l’animation ou les cours des autres malgré ma formation et mon expérience, et on paie en plus une personne non formée sur un poste que j’aurai pu prendre et qui n’aurait engagé presque aucun frais de déplacement pour le rectorat, contrairement à mes suppléances. C’est tellement logique, tellement pertinent… tellement blessant et inacceptable.

Je passe l’aspect humain, l’absence de reconnaissance, etc… Je vais tenter de rester sur l’aspect financier. Le rectorat bloque de nombreux postes dans l’académie pour des contractuels, donc du personnel non titulaire, et paie des titulaires à ne rien faire. Comment a-t-on pu en arriver là? La réponse est simple : les contractuels peuvent refuser un poste, pas les titulaires.

Les conditions de travail se sont tellement dégradées dans l’EN que le métier n’attire plus. Bien que notre pays souffre d’un taux de chômage important, il y a de nombreux postes de professeur non pourvu. Ils pourraient l’être par des vacataires et contractuels pourtant. Mais l’attrait d’un salaire ne contrebalance pas tous les mauvais aspects apparemment. Donc quand certains téméraires s’essaient à l’enseignement malgré tout et songent à y rester, on les chouchoute, on les dorlote : on leur réserve les meilleurs postes, on leur trouve des logements dans les établissements, on leur mitonne des emploi du temps à la carte. Et pendant ce temps, les titulaires eux, on les maltraite (ainsi que les vacataires et contractuels n’étant pas dans des disciplines très déficitaires en profs).

Lors de ma première année de titulaire, alors que j’étais sur une suppléance de plusieurs mois, on m’annonça que mon emploi du temps était modifié entrainant ainsi 6h de trou dans ma journée. J’aurai pu certes en profiter s’il y avait eu des ordinateurs disponibles pour travailler, mais ce n’était pas le cas. J’ai donc demandé une explication. La direction m’a répondu qu’une contractuelle de français venait d’être nommée et que son emploi du temps ne lui convenait pas. Il ne s’agissait pas d’un problème de concordance entre emploi du temps de plusieurs établissements, non juste que ces heures de cours ne lui convenaient pas. Les autres profs et les élèves ont donc du accepter un changement à leur désavantage pour que cette brave dame accepte de prendre le poste…

Pendant ce temps les titulaires, et notamment les TZR doivent se contenter des restes. Ils sont boulés aux quatre coins de l’académie, sans aide pour le logement, avec un système de remboursement des frais de déplacement qui n’est jamais à leur avantage, lourd administrativement à mettre en œuvre, et payé au lance pierre (j’attends toujours mes frais d’il y a deux ans, et d’octobre 2013). Ils ne peuvent refuser leur poste (sauf erreur ou dossier médical, et encore…) et bien sûr ils ne peuvent négocier leur emploi du temps dans la majorité des cas. Il y a 3 ans par exemple j’ai été affecté sur une suppléance d’une semaine (!) en collège, à 4h de route de chez moi. La direction m’a annoncé que je devrai prendre une chambre en gîte, seul logement à proximité, à mes frais bien sûr.

Ça vend du rêve hein! Ça donne envie de passer les concours de l’EN!

Et si on arrêtait un peu de marcher sur la tête? Et si on mettait en place un service de gestion du personnel efficace (et oserais-je dire humain) à l’EN? Et si on employait un peu mieux les moyens de l’état? Je crois que tout le monde serait gagnant au final, non?

 

 

 

 

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Une réflexion au sujet de « Augmenter le budget de l’EN? Et si on commençait par revoir sa gestion? »

  1. c’est tellement vrai tout cela! je commence l’année prochiane comme TZR, je ne sais pas du tout ce qui m’attend…

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