Le bonheur d’être TZR 2

Nous sommes les 22 août, je ne sais toujours pas où (et si) je travaille à la rentrée. Jabecoson, lui-aussi TZR, m’a indiqué que notre commission d’affectation se déroulerait le 24 août… Mais pourquoi si tard?? C’est donc tellement amusant de jouer avec nous comme avec des pions?

D’autres petits « avantages » à être TZR dont je n’avais pas parlé : nous subissons constamment les exigences des autres professeurs, que ce soit pour le matériel (nous n’intervenons pas dans les listes de rentrée), les livres (qui auront été choisi par nos collègues), les classes (en poste à l’année on ne nous laisse que ce dont les autres ne veulent pas), les salles (même principe). Lorsque cela arrive les premières années je peux accepter, c’est comme ça d’être le petit nouveau. Mais lorsque cela dure plusieurs années ça commence à être long et lassant.

Par ailleurs il est difficile d’obtenir des heures sup même si financièrement nous en avons besoin. Si nous sommes chanceux, que nous avons un poste à l’année et que finalement quelques heures non distribuées suite à désistement se libèrent, alors là il y a une petite chance de les obtenir. Sinon nous prenons ce qu’on nous laisse, encore… Parfois si nous remplaçons un prof avec beaucoup d’heures c’est jackpot, mais j’ai déjà entendu un établissement m’annoncer que je ne ferai que 15h sur les 19 d’un poste  parce qu’il ne fallait pas faire d’heures sup…

Je me souviens d’un poste il y a 2 ans. J’étais donc TZR. Dans mon établissement de rattachement un poste de SVT venait de se libérer. C’est un jeune certifié, avec un an de moins que moi en ancienneté, qui l’a obtenu. Un poste dans un petit lycée très sympa, avec des élèves tranquilles et des collègues attentionnés, plus un petit complément dans un autre lycée pas loin… le rêve. Et moi agrégée, pourtant très bien classée au concours, avec une bonne inspection, je n’avais pas de poste. Cela fait mal au cœur. Mon collègue chanceux avait en fait gardé ses points IUFM pour les mutations (50 points que l’on ne peut jouer qu’une seule fois), alors que moi je les avais joué l’année précédente…Hasard du tirage « au loto », des stratégies alambiquées pour tenter de deviner où et quand faut-il placer ces points…bref tout ça est bien compliqué et à ce jeu là nous sommes plus souvent perdant que gagnant.

Donc cette année là, j’étais TZR, mais je n’avais personne à remplacer. Je devais malgré tout « faire mes heures » dans mon établissement de rattachement pour justifier ma paie. Cela aurait pu être sympathique si mon établissement de rattachement n’était pas à 1h d’autoroute de mon logement. Et « faire ses heures » quand nous n’avons pas de poste ce n’est pas d’un intérêt transcendant : dans le meilleur des cas nous aidons les collègues s’ils le souhaitent, que ce soit pour préparer des cours ou pour un TP un peu compliqué; sinon nous pouvons organiser du soutien mais rien de trop élaboré justement parce que nous pouvons partir à tout moment pour un remplacement ; et pour cette même raison on ne nous confie rien de véritablement intéressant. Il faut donc faire acte de présence et trouver de quoi s’occuper, tout en surveillant constamment (et avec angoisse!) son téléphone et sa messagerie. Après 4 mois dans cette situation je me sentais très mal. Je trouvais que je ne méritais pas mon salaire puisqu’on ne me laissait pas faire grand chose (mais je n’y étais pour rien si je n’avais pas de classe). Donc en plus de me sentir inutile, j’avais l’impression d’être un parasite. Les collègues me parlaient peu, ne sachant plus trop quoi dire à part « Alors toujours pas de remplacement? », tandis qu’ils discutaient de telle classe ou tel élève avec les autres. J’appelais régulièrement le rectorat pour savoir s’il y avait des absences de prévues pour les semaines à venir. Je finissais un peu isolée, psychotant sur les bords: pourquoi ne me donne-t-on pas d’élèves? Je suis donc si mauvaise que ça? Pourquoi ai-je fourni tant d’effort pour réussir un concours difficile pour obtenir finalement ça? En réalité cela n’a rien à voir avec les compétences. Seulement un histoire de points… encore et toujours ces foutus points!

Sans nouvelle du rectorat et de mon établissement de rattachement je commence à m’inquiéter. Je me demande si j’aurai vraiment un poste à l’année (en espérant que ce ne soit pas à 2h de chez moi) ou si je vais encore me retrouver plusieurs mois sans rien…

Allo Education Nationale, bobo…
Quand prendras-tu enfin soin de nous? 😦

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2 réflexions au sujet de « Le bonheur d’être TZR 2 »

  1. je ne comprends pas : en tant qu’agrégée tu as une prime de 90 points quand tu demandes un lycée. donc un certifié même avec sa prime IUFM a moins de points, non ?

    • Les primes d’agrégés varient d’une académie à l’autre et ne marchent que pour les vœux établissement! Comme moi j’étais en ZR ces points là n’ont pas été pris en compte. En fait ces points « lycée/agrégés » ne servent à rien, les vœux sont trop précis et les rapprochements de conjoint nous passent devant (qqn qui demande un rapprochement de conjoint sur l’académie a plusieurs centaines de points).

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